Nom de noms...
- Pierre
- 18 sept. 2015
- 2 min de lecture

Les noms résonnent dans l'esprit et sont chargés d'images et d'histoire, souvent de bruits et de fureurs. Shang-Hai, et ces deux syllabes agitent des fantômes, des ballots d'opium, des bouges abritant les dormeurs des rêves... Smolensk, et défile la grande armée napoléonienne, les shakos et les affûts des canons tirés par des chevaux endiablés, le crépitement de la fusillade et les boulets ronflants décimant les rangs. Moscou, et tourbillonnent dans un incendie monstrueux les officiers français entassant dans des carosses un butin de pelisse et de théières d'argent, pendant que défilent les gardes rouges sous les yeux bonhommes de Staline et les bulbes de saint Basile, et que les premiers éléments de la Wermacht cherchent à s'immiscer jusqu'au tombeau de Lénine, discourant sur une charrette. Les temps se mêlent et les images se mélangent, mais c'est un tout de souvenirs lointains, d'images d'Epinal en contrechamp du réel... Tout est réalité, la muraille de Chine est bien là, pentue et virevoltante sur les crêtes, avec ses magasins de souvenirs et ses groupes suivant le parapluie levé en étendard, mais on sent dans la voix du guide chinois l'effroi des nomades mongols, menace immanente dans les steppes du nord, et Gengis Khan qui s'approche, au milieu des Japonais aux sabres cruels... Le palais d'été resplendit dans ses nouveaux atours, mais les cendres des pillages français et anglais recouvrent encore le sol, et les concessions européennes étalent toujours leurs charmes désuets au milieu des grattes-ciel. Comment échapper aux mémoires des hommes, évanescences persistantes dans la rétine des vivants ? Elles dictent les pensées et les actions du présent, et le futur en est déjà imprégné, avant même d'être... Ombres des mots et des noms ! Warshaw, 18 septembre 2015.








































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